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Critiques et avis des lecteurs |
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La
Fugueuse |
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| Guide littéraire de la Suisse |
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Le
portrait d’une femme qui vous reste longtemps en mémoire,
bien longtemps après avoir refermé le livre. Ce
n’est pas si fréquent, surtout dans un premier roman.
Monique est devenue quelqu’un sans que personne ne
s’en aperçoive, peut-être simplement parce qu’elle
a un goût puissant pour l’indépendance et la vie.
C’est une femme qu’on appellerait aujourd’hui «libérée»,
qui a envie de se réaliser tout en craignant sans doute
la solitude. C’est peut-être ce qui la pousse à se
confier au narrateur dans un bar neuchâtelois. Entre
eux, du moins au début, il y l'affection simple et
pénétrante qui permet à la dame de s'épancher,
de ne rien cacher de ses tourments
et de ses aventures sentimentales. De sa liaison avec
Jacques qui s’achèvera avec sa mort tragique, puis sa
rencontre avec Robert, puis... Après avoir exploré la
carte du Tendre, il arrive fatalement qu'on cherche à
profiter des connaissances topographiques accumulées !
Surtout lorsqu'elles sont jalonnées, comme ici, de
jolies références littéraires et artistiques.
H-C.Dahlem |
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Article paru sur le site
Exigences Littéraires
Il
était une fois des femmes libres à la séduction
fougueuse immémoriale.
Elles sont ainsi, les femmes de Jean-Paul Comtesse :
libres, toujours libres, éternellement fugueuses et
sensuelles. Monique, Elsa, Marie-Jeanne, Solange se
déploient, vibrionnent autour des hommes et du
narrateur en particulier.
Ce
dernier est le témoin passionné, et cependant discret,
des amours douloureuses, tragiques (ce sont les plus
belles) de Monique et de Jacques, puis du docteur
Tarpan et de Marie-Jeanne après une tentative
fastidieuse, peu convaincante avec la triste Elsa.
Celle-ci est une des figures les plus émouvantes du
roman. Elle est pathétique dans ses étreintes
grotesques et banales. Obligée de lever la cuisse pour
en être, pour s’imaginer avoir des amis. Le prix à
payer est terrible : celui d’un désenchantement qui
gagne la pauvre Elsa, femme flouée, bafouée. Jean-Paul
Comtesse raconte, parce que nous sommes dans la fable,
les liens sordides qui peuvent lier les êtres.
Monique, elle, décide, entreprend mais sous les éclats
de rire, se trouvent la faille, la blessure qu’elle
dissimule en fuyant. La Fugueuse n’est pas une mais
multiple, possède divers visages qui annoncent
Sabika Desirade,
la femme au livre. Les hommes, dans ce premier roman
du conteur suisse, sont fragiles : ils sont poètes,
tels Lucas Tarpan. Les êtres, dans ce roman, sont
fragiles, parce qu’ils se fuient, parce qu’ils se
cherchent, s’approchent et se brûlent.
Ce
que j’ai aimé dans cette relecture, c’est la justesse
de l’analyse psychologique. On s’y retrouve. Et puis
les blancs, les silences que vous comblez vous-même.
Tout lecteur est acteur du voyage qu’il entreprend au
commencement d’un livre.
La
Fugueuse est un roman sur la fable, l’Histoire. Nos
héroïnes sont de la nuit des temps, ce que dit
l’incipit lorsque sont évoquées les origines
d’Helvétie. La Fugueuse est un roman où la poésie
façonne l’éternel féminin.
Dans les ouvrages de Jean-Paul Comtesse, l’amour est
amour des mots, de l’image qui relie le ciel et la
terre, la femme à sa lointaine aïeule.
C’est ce que j’apprécie de longue date. Et puis son
optimisme incurable qui n’a rien avoir avec de la
guimauve. Il en va de même dans
Jeudi, je t’aimerai.
On pleure, on rit. C’est la vie. L’amour triomphe,
sans tambour ni trompette, certes, mais il triomphe et
je crois essentiel d’en témoigner, de le dire, de le
clamer.
C’est le rôle de la littérature.
Catherine Nohales 14 décembre
2004
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Article
paru le 12 février 1989 dans le journal 24 heures La
liberté
amoureuse
Qui
est le personnage principal de La
Fugueuse ? Monique
ou le narrateur ? Ou encore la femme qui habite ces
pages, sous des
figures et des noms divers: Monique, bien
sûr, mais aussi Elsa, Marie-Jeanne, Solange?
En tout cas pas les hommes, leurs
amants, Jacques, Robert, Tarpan. Ne serait-ce
pas plus simplement l’amour ou
la
vie.
Les
quelque cent vingt pages de ce court
roman,
le premier de Jean-Paul Comtesse,
qui
a attendu l’âge de la retraite pour
écrire,
forment un livre superbe de liberté, de
joie, de lumière et de vie. Il y a dans ces
pages
brûlantes de passions amoureuses un
bonheur intense, une jubilation de la
chair
comme nous n’en voyons guère
d’autres
de cette veine dans notre littérature suisse romande
qui la craint ou la
veut
morose. Jean-Paul Comtesse sait
traduire
ses visions avec justesse, et les
femmes
qu’il campe sont comme les
images
diverses de la liberté. Les hasards
de
la vie, les contraintes de la société, sont
traversés
par l’élan irrépressible de libertés qui se
cherchent, se trouvent, s’éloignent, mais ne meurent
jamais.
Un
beau roman d’amour, sans drames (ou
qui pèsent si peu), sans morosité, mais
non
sans profondeur et habité avant tout
d’une
puissante joie de vivre.
Y.Bridel
A voir aussi,
extrait
La Fugueuse
paru in Anthologie de la littérature neuchâteloise.
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