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Critiques et avis des lecteurs |
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Jeudi, Je t'aimerai |
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Qui
est le personnage central de ce roman ? Est-ce Aline, cette
jeune femme dont le destin menace subitement de basculer,
ou Vincent, l’homme d’âge mûr qui caresse encore des
rêves inachevés ? Un dialogue s‘instaure entre eux; par
bribes, Aline se confie. Sa force devant l’adversité,
la richesse de ses ressources, le fascinent. Elle paraît
avoir une connaissance prémonitoire de sa destinée et
tout porte à croire qu‘elle parviendra â s’épanouir.
L’écoutant, la regardant, Vincent poursuit ses songes mêlés
de souvenirs et teintés d’érotisme. Un certain jeudi,
il découvre...
Le
deuxième roman de Jean-Paul Comtesse nous entraîne sur les
sentiers de la vie intériorisée. Un profond souffle de vie
emporte ce roman une jubilation irrépressible, qui nous
invite à toutes les libertés de l’imaginaire.
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Trois regards différents sur Jeudi, je
t'aimerai |
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Roger-Louis
Junod, écrivain |
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Arnold
Ulrich, correspondant de presse |
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Jean-Pierre
Roth, pasteur |
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Roger-Louis
Junod, écrivain
AMOUR
PLATONIQUE ?
(extrait)
Le
personnage principal de Jeudi je t’aimerai, Vincent,
vivra-t-il un amour platonique avec Aline, la fille de
celui qui fut naguère son meilleur ami, Sam?
L’auteur
fait de Vincent le client d’une auberge nommée La
Chouelle, tenue par Aline. Nous voyons naître au cours
des rencontres une amitié amoureuse réciproque. Tout est
narré du point de vue de Vincent. Nous ne savons rien
d’Aline. Jean-Paul Comtesse nous fait attendre longtemps
la
"révélation"
de l’identité de Sam, qui a sauvé la vie de Vincent,
à moins que ce ne soit l’inverse, et qui est aussi le père
adoré d’Aime.
Le
double mouvement du roman se résume en deux phrases: « Ma
vie durant, se dit Vincent, j’ai nourri le même rêve:
m’embarquer, partir vers une femme. La Chouelle fut un
jeu de cache-cache parce qu’Aline entreprenait une
navigation en sens contraire: revenir au port. »
Revenir
au port signifie rejoindre, part delà la mort, un père
tendrement aimé... Vincent aurait pu devenir le double de
Sam, et notre romancier imaginer l’inceste. L’inceste
n’aura pas lieu. On le frôle. L’approche culmine dans
une dernière réplique: Aline, pour la première fois,
tutoie Vincent. Et c’est tout. Jean-Paul Comtesse est
excellent dans les raccourcis de cette force, quand
l’allusion repousse le commentaire...
R-L.J:
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Arnold
Ulrich, correspondant de presse
UN
PETIT ROMAN A SAVOURER
(extrait)
Révélé
au dernier Salon du Livre de Genève, le court roman de
Jean-Paul Comtesse, se lit d’un trait.
“Jeudi,
je t’aimerai" est
un ravissement, d’une originalité et d’une densité
surprenantes. Avec habileté, l’auteur accroche dès la
première ligne: “D’elle, on n’apprendra les choses
au fil des jours.” C’est gagné. Dès lors, le lecteur
est captivé. Il écoute parler Vincent, mais découvre Aline,
ses joies, ses peines, sa naïveté, ses luttes, as liberté.
Entre
ces deux êtres que la curiosité et l’affection
rapprochent, plane un mystère qui s’éclaircira...
C’est
une histoire d’amour. Aline déclare vers la fin du
livre: "Ma force, c’est d’être une femme simple.
Car je ne suis pas seulement une femme simple, je suis une
femme libre."
Jeudi,
je t’aimerai ?
Un plaidoyer pour une femme courageuse. Aline, l’image
que l’on souhaiterait à toutes les adolescentes. Mais
il y a plus. A petites touches claires et concises,
l’auteur dépeint les sentiments d’Aline pour Vincent;
les absences, les retrouvailles, le souvenir d’un père.
Le
poids de la solitude aussi, mais assumée, de part et
d’autre. "Existe-t-il des mots pour désigner ce
qui précède les commencements". L’auteur joue
avec le mythe de Robinson Crusoé. Il ajoute ironiquement:
“Lui, le fameux vendredi, devait rencontrer quelqu’un.
Et alors ? Alors, il en a fait son esclave! » Ce qu’Aline,
avec lucidité refuse.
A.U
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Jean-Pierre
Roth, pasteur
L'AMOUR
UNE OFFRANDE
(extrait)
“Qu’est-ce
qu’un avenir qui serait un aboutissement, un terminus,
et non un mystère en marche” (p.41)
La
maladie, si nous la comprenons dans sons sens le plus
douloureux d’altération de notre ferveur et de nos élans
érotiques, est un état normal mais insupportable de la
condition humaine. Elle s’empare de nos vies, et en échange
que lui offrons-nous?
Le
roman de Jean-PauI Comtesse propose une réponse à cette
question par le personnage d’AIine qui se guérit d’un
cancer. Vincent la rencontre sans savoir qu’elle est la
fille de son ami Sam, perdu de vue depuis des années.
L’avenir à travers elle devient un mystère qui donne
sens à l’existence. Un avenir qui n’aboutit pas au
vendredi de Robinson Crusoé (p.112), mais qui reste le
jeudi de toutes les aubes, où, après la lecture (p.74) -
manifestation de la parole -
l’acte érotique est suggéré comme l’origine
même de la poésie.
Et
s’il est vrai qu’on s’élève en descendant dans ce
roman, c’est en montant à "La Chouelle", au
restaurant-ferme typique de notre Jura, que se dénouera
le mystère. Cette marche vers un avenir ou Dieu, sans être
jamais nommé, n’est jamais absent.
“A
part les signes, quoi ?“
lit-on
en épigraphe du récit. Comme nous sommes emportés par
les images que suggère ce roman, nous sommes amenés à
chaque page à reconnaître à l’aide de multiples
signes quelque chose mais aussi quelqu’un. A découvrir
la référence qui met ces éléments en mouvement. Et ça,
c’est de la théologie I Au sens où cette référence
n’est jamais fixée d’avance, bloquée dans un carcan.
Elle est toujours à saisir comme une possibilité offerte
au lecteur, à travers les protagonistes du roman, de se
situer, de prendre position, d’accepter ou de refuser la
destinée qui lui est imposée. Sans liberté, ce que nous
nommons la personne n’existe pas. Existe-t-elle sans
l’amour? L’auteur répond par la négative.
J.-P.R
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