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 Je suis un Crusoé qui aime bien les jeudis " (Jeudi je t'aimerai, p. 73).

 

E-mail: jeanpaulcomtesse@net2000.ch

 

 

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Critiques et avis des lecteurs

 
 

Jeudi, Je t'aimerai

 
 
 

 

Qui est le personnage central de ce roman ? Est-ce Aline, cette jeune femme dont le destin menace subitement de basculer, ou Vincent, l’homme d’âge mûr qui caresse encore des rêves inachevés ? Un dialogue s‘instaure entre eux; par bribes, Aline se confie. Sa force devant l’adversité, la richesse de ses ressources, le fascinent. Elle paraît avoir une connaissance prémonitoire de sa destinée et tout porte à croire qu‘elle parviendra â s’épanouir. L’écoutant, la regardant, Vincent poursuit ses songes mêlés de souvenirs et teintés d’érotisme. Un certain jeudi, il découvre...

Le deuxième roman de Jean-Paul Comtesse nous entraîne sur les sentiers de la vie intériorisée. Un profond souffle de vie emporte ce roman une jubilation irrépressible, qui nous invite à toutes les libertés de l’imaginaire.

 

 

Trois regards différents sur Jeudi, je t'aimerai
 
Roger-Louis Junod, écrivain
 
Arnold Ulrich, correspondant de presse
 
Jean-Pierre Roth, pasteur

 Roger-Louis Junod, écrivain

AMOUR PLATONIQUE ?

(extrait)

Le personnage principal de Jeudi je t’aimerai, Vincent, vivra-t-il un amour platonique avec Aline, la fille de celui qui fut naguère son meilleur ami, Sam?

L’auteur fait de Vincent le client d’une auberge nommée La Chouelle, tenue par Aline. Nous voyons naître au cours des rencontres une amitié amoureuse réciproque. Tout est narré du point de vue de Vincent. Nous ne savons rien d’Aline. Jean-Paul Comtesse nous fait attendre longtemps la "révélation" de l’identité de Sam, qui a sauvé la vie de Vincent, à moins que ce ne soit l’inverse, et qui est aussi le père adoré d’Aime.

Le double mouvement du roman se résume en deux phrases: « Ma vie durant, se dit Vincent, j’ai nourri le même rêve: m’embarquer, partir vers une femme. La Chouelle fut un jeu de cache-cache parce qu’Aline entreprenait une navigation en sens contraire: revenir au port. » Revenir au port signifie rejoindre, part delà la mort, un père tendrement aimé... Vincent aurait pu devenir le double de Sam, et notre romancier imaginer l’inceste. L’inceste n’aura pas lieu. On le frôle. L’approche culmine dans une dernière réplique: Aline, pour la première fois, tutoie Vincent. Et c’est tout. Jean-Paul Comtesse est excellent dans les raccourcis de cette force, quand l’allusion repousse le commentaire...

R-L.J:

 

 

 

Arnold Ulrich, correspondant de presse

UN PETIT ROMAN A SAVOURER

(extrait)

 

Révélé au dernier Salon du Livre de Genève, le court roman de Jean-Paul Comtesse, se lit d’un trait. “Jeudi, je t’aimerai" est un ravissement, d’une originalité et d’une densité surprenantes. Avec habileté, l’auteur accroche dès la première ligne: “D’elle, on n’apprendra les choses au fil des jours.” C’est gagné. Dès lors, le lecteur est captivé. Il écoute parler Vincent, mais découvre Aline, ses joies, ses peines, sa naïveté, ses luttes, as liberté.

Entre ces deux êtres que la curiosité et l’affection rapprochent, plane un mystère qui s’éclaircira...

C’est une histoire d’amour. Aline déclare vers la fin du livre: "Ma force, c’est d’être une femme simple. Car je ne suis pas seulement une femme simple, je suis une femme libre."

Jeudi, je t’aimerai ? Un plaidoyer pour une femme courageuse. Aline, l’image que l’on souhaiterait à toutes les adolescentes. Mais il y a plus. A petites touches claires et concises, l’auteur dépeint les sentiments d’Aline pour Vincent; les absences, les retrouvailles, le souvenir d’un père.

Le poids de la solitude aussi, mais assumée, de part et d’autre. "Existe-t-il des mots pour désigner ce qui précède les commencements". L’auteur joue avec le mythe de Robinson Crusoé. Il ajoute ironiquement: “Lui, le fameux vendredi, devait rencontrer quelqu’un. Et alors ? Alors, il en a fait son esclave! » Ce qu’Aline, avec lucidité refuse.

A.U

 

 

 
 

 

Jean-Pierre Roth, pasteur

L'AMOUR UNE OFFRANDE

(extrait)

 

“Qu’est-ce qu’un avenir qui serait un aboutissement, un terminus, et non un mystère en marche” (p.41)

La maladie, si nous la comprenons dans sons sens le plus douloureux d’altération de notre ferveur et de nos élans érotiques, est un état normal mais insupportable de la condition humaine. Elle s’empare de nos vies, et en échange que lui offrons-nous?

Le roman de Jean-PauI Comtesse propose une réponse à cette question par le personnage d’AIine qui se guérit d’un cancer. Vincent la rencontre sans savoir qu’elle est la fille de son ami Sam, perdu de vue depuis des années. L’avenir à travers elle devient un mystère qui donne sens à l’existence. Un avenir qui n’aboutit pas au vendredi de Robinson Crusoé (p.112), mais qui reste le jeudi de toutes les aubes, où, après la lecture (p.74) - manifestation de la parole - l’acte érotique est suggéré comme l’origine même de la poésie.

Et s’il est vrai qu’on s’élève en descendant dans ce roman, c’est en montant à "La Chouelle", au restaurant-ferme typique de notre Jura, que se dénouera le mystère. Cette marche vers un avenir ou Dieu, sans être jamais nommé, n’est jamais absent. “A part les signes, quoi ?“ lit-on en épigraphe du récit. Comme nous sommes emportés par les images que suggère ce roman, nous sommes amenés à chaque page à reconnaître à l’aide de multiples signes quelque chose mais aussi quelqu’un. A découvrir la référence qui met ces éléments en mouvement. Et ça, c’est de la théologie I Au sens où cette référence n’est jamais fixée d’avance, bloquée dans un carcan. Elle est toujours à saisir comme une possibilité offerte au lecteur, à travers les protagonistes du roman, de se situer, de prendre position, d’accepter ou de refuser la destinée qui lui est imposée. Sans liberté, ce que nous nommons la personne n’existe pas. Existe-t-elle sans l’amour? L’auteur répond par la négative.

J.-P.R

 

 

 
 
 
 


 

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