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- Dictionnaire des écrivains suisse
d'expression française, A.Nicollier / H-C Dahlem, Editions GVA
SA, Genève

- Sur les pas d'un lecteur heureux , H-C
Dahlem, Editions de l'Aire

- Anthologie de la littérature neuchâteloise
1848-1998, Editions Gilles Attinger Hauterive. A lire:
Extrait de La Fugueuse,
pp. 27-30.

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A lire:
Une réinsertion sociale,
une nouvelle parue dans la Revue Ecriture no.32,
septembre 2002
Article
paru le 18 janvier 2001 dans le quotidien
l'Express
Jean-Paul
Comtesse ou l'histoire d'une évasion par
l'écriture
"
Il faut beaucoup de naïveté et d'inconscience pour
publier son premier roman à 65 ans !", affirmait
récemment Jean-Paul Comtesse en ouverture d'une
causerie littéraire. Mais la question est là: avait-il
vraiment le choix ? Portrait d'un écrivain bevaisan né
juste à sa retraite - sa "libération".
Pascale Béguin
"N'imprime
jamais un livre sans le lire ! ", lui avait
recommandé un vieux typographe alors qu'il était
apprenti chez Delachaux et Niestlé. "C'est ainsi
que j'ai découvert l'écrit !" Jean-Paul
Comtesse n'avait pas quinze ans alors, et les livres ne le
quitteront plus désormais. Les livres des autres, dans un
premier temps. Quelque soixante ans plus tard, il nous
reçoit chez lui à Bevaix, et se souvient...
A
17 ans, dans le cadre d'un groupe de jeunes paroissiens,
il s'était mis en tête d'écrire une pièce de
théâtre. Le thème ? L'amour, et les amoureux surtout.
Cela commençait ainsi: " Le cinquième jour, Dieu
créa l'homme et la femme. Il y eut un soir, il y eut un
matin, et Dieu vit que cela était bon".
L'emprunt biblique en pareil contexte ne plut pas au
pasteur qui voua au diable le texte et son auteur.
"Je
me suis senti trahi par les mots, par mon texte ! "
Pour cinquante ans, l'écriture se faufilera donc
discrètement entre correspondance - foisonnante - et
notes secrètes. Devenu cadre chez Nestlé (ce qui ne l'empêche
pas, à 48 ans, de décrocher parallèlement un doctorat
à la Sorbonne...), le Bevaisan choisit de prendre une
retraite anticipée. Retraite ? "Moi, je parle de
ma libération ! " Symboliquement, il jette ses
cravates.
Le
voilà délié: " Je n'avais pas de plan précis.
Je voulais m'éclater, me complaire avec des personnages
romanesques de mon invention qui auraient su échapper aux
contraintes de la société et vivre selon leurs désirs "
Trois ans plus tard, "La Fugueuse" sort de
presse et consacre définitivement l'évasion de l'auteur
dans ce monde qu'il dit parallèle: la littérature
Une
manière de vivre
"
Ce que j'aimerais vraiment, c'est concevoir le fait
d'écrire comme une manière de vivre. " Mais, au
fond, que fait d'autre Jean-Paul Comtesse ? Chaque jour,
il se met à sa table pour écrire. " C'était un
hobby au début, puis c'est devenu une manie; maintenant
cela prend une tournure plus énigmatique..." la
nuit même, pour ne rien laisser perdre, il confie au
dictaphone quelque révélation (...ou énigme) qui le
surprend parfois en plein sommeil.
Ce
qui nourrit la création, la lecture en partie - va-et-vient
fertile entre ce qu'il lit et ce qu’il écrit -, mais la
vie surtout, le quotidien: les gens, leurs histoires, les
lieux connus et aimés. Aline, l’héroïne de «Jeudi,
je t’aimerai», n’est pas née autrement, et les
Bevaisans reconnaîtront sans doute le décor. Comme
devant certains tableaux réussis, ils penseront: «C’est ça, et c’est autre chose...»
Indomptable
jeunesse
Mais
toute cette matière ne serait rien, dit-il, sans la vie
antérieure: «Quand
elle se confond avec la vie intérieure, alors elle
devient littérature».
Serait-ce
là le secret ? En lisant Jean-Paul Comtesse, on est frappé
par la justesse. la fraîcheur, l’immédiateté (les émotions:
les héros semblent puiser dans leur créateur aujourd’hui
âgé de 74 ans
la force d’une mystérieuse et indomptable jeunesse.
Il cite Picasso de mémoire: «J’ai
mis du temps à devenir
jeune».

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